Histoire

La localité a été mentionnée au VIIe siècle sous le nom de Villa Chagnerici, puis sous les formes :
Changiaca villa en 1005 ; Changeium vers 1030 ; 
Apud Catingis en 1184 ; Changi en 1200 ;
Molendinum situm apud Changiacum en 1258 ; Changi en 1276 ; 
Changiacum en 1381 ; Changis lez Ussy sur Marne en 1563 ; Changy en 1585 ; 
Changis-sur-Marne (Décret du 26 août 1915).

Elle est enserrée dans une boucle de la Marne ce qui lui a valu vraisemblablement le nom de Changy. Le nom de Changis-sur-Marne serait issu, selon le livre des évêques de Meaux et d’Albert Dauzat, de Combiacum ou Congiacum. Il s’agirait là d’un toponyme de Courbe ou Conge signifiant « Courbure » comme celle correspondant à la Marne. La Marne « change » nettement de direction prés de du bourg.
La vie à Changis a été essentiellement agricole (cultures traditionnelles et vignes) pendant des siècles sans évènements notables. La commune semble avoir été plutôt préservée pendant la première bataille de la Marne, bien que les mouvements de troupes l’aient traversée.

Archéologie

Changis-sur-Marne est riche en découvertes archéologiques, et les spécialistes parlent de 5000 ans d’histoire :

Helmut : le plus ancien des Changissois

En juillet 2012, un squelette de mammouth laineux surnommé Helmut a été retrouvé sur une des anciennes berges de la Marne à Changis.

En fait, les ossements découverts provenaient d’au moins deux mammouths. L’un deux, le mieux conservé (tête presque entière avec molaires et défenses, omoplates, vertèbres, côtes, bassin, pieds), etait probablement une femelle très âgée et le second (une défense, un humérus et des éléments de pieds) un jeune mâle adulte. Leur mort daterait d’il y a environ 90 à 100 000 ans, au début du dernier cycle glaciaire connu en Europe. Ils pourraient faire partie des troupeaux de grands herbivores qui, venant de l’Est ou du Nord, ont repeuplé l’Europe occidentale au retour des grands froids. A l’époque, ces territoires étaient également fréquentés par des groupes de chasseurs-cueilleurs néandertaliens.

Ces deux individus devaient peser entre 4,5 et 5 tonnes et mesurer au garrot environ 2,90 m pour la femelle et un peu plus de 3 m pour le mâle. L’usure des dents et les stades de soudure des os ont permis d’estimer que la femelle avait entre 45 et 55 ans et le mâle entre 25 et 30 ans.

Les données recueillies sur l’environnement, grâce notamment aux coquilles de mollusques fossiles présentes dans les sédiments, indiquent un milieu plutôt ouvert avec une végétation diversifiée à composante principalement arbustive. Le site devait être régulièrement inondé par des crues de la Marne.

Nous en savons donc plus aujourd’hui mais beaucoup de questions restent encore sans réponse. Ces deux mammouths sont-ils morts naturellement, piégés dans un milieu marécageux, ou noyés en amont du cours d’eau comme pourrait le suggérer le lieu de leur mise au jour? La découverte de quelques éclats de silex taillés à proximité immédiate de leurs ossements n’exclut pas une intervention humaine.

Plusieurs os, notamment des côtes, présentent des stries caractéristiques de découpe. Deux hypothèses sont alors émises par les archéologues si on considère que ce silex est d’origine humaine : soit Helmut et son compagnon ont été trouvés morts par des néandertaliens qui les ont ensuite dépecés à l’aide d’outils puis ont laissé les carcasses sur place, soit ils ont été chassés et tués par ceux-ci.

L’enquête reste toujours ouverte !

Un scientifique associé au CNRS et à l’INRAP, spécialiste de la préhistoire et mondialement connu pour ses travaux, viendra faire une conférence à la salle des fêtes de Changis le 29 avril prochain pour nous parler d’Helmut mais aussi de la richesse archéologique de notre village. Cela promet d’être passionnant !

 

Aller au contenu principal